Les Françaises ont été et restent largement exclues de la représentation démocratique depuis la Révolution de 1789. Pour tenter d’y remédier, la France s’est dotée d’une législation paritariste en 2000. Ainsi, les femmes représentent aujourd’hui 47.6 % dans les conseils régionaux.
L’étude plus attentive des discours politiques, des listes électorales, des articles parus dans la presse politique ainsi que des sondages d’opinion montre pourtant que la place des femmes en politique est encore perçue comme n’allant pas de soi à la fois par la classe politique elle-même et par une bonne partie de l’électorat. La force des représentations sociales dissuade encore de nombreuses femmes de s’engager.
Néanmoins, depuis la loi sur la parité, la présence des femmes s’est sensiblement
renforcée, du moins aux élections locales, et les stéréotypes liés à l’éternel féminin ne cessent de reculer. La présence des femmes en politique est un indicateur essentiel du rôle des femmes
dans une société et, plus largement, du degré de démocratie dont elle s’est dotée.
Par contre, la réforme des collectivités territoriales prévue par le gouvernement aura des conséquences
négatives en termes de parité. Le mode de scrutin envisagé pour l’élection des conseillers territoriaux est une véritable la "régression" de la
parité, en excluant les femmes des responsabilités départementales et régionales. 80% des conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal
majoritaire à un tour dans le cadre de cantons. Or, dans le cadre des scrutins uninominaux, non soumis à des mesures paritaires contraignantes, les femmes sont toujours sacrifiées. On ne compte
aujourd'hui que 12,3% de femmes dans les conseils généraux (scrutin de 2008 uninominal).
La réforme propose en contrepartie aux femmes une plus large représentation dans les conseils municipaux et les intercommunalités. "A partir de mars 2014, la moitié de ces conseillers municipaux seront des femmes, ce qui se traduira par environ 40.000 conseillères municipales de plus", se félicite Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Collectivités locales.
Renvoyer les femmes aux tâches communales pendant que les hommes s'occupent des affaires d'importance territoriale, est-ce là vraiment une
avancée ?

Les projections établies estiment que seulement 20% des futurs conseillers territoriaux seraient des femmes !
A titre personnel, je sais combien il peut être difficile pour les femmes de franchir un pas dans l’engagement politique même si l’envie est là. C’est pourquoi, avec le Mouvement Démocrate, je défends l’obligation de la parité dans l’ensemble des instances décisionnelles, publiques et privées.